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Rédacteur correcteur

Je suis rédacteur correcteur. Un peu comme un écrivain public en moins administratif. Je gagne ma vie en corrigeant et révisant des articles ou des manuscrits. Je mets ma technique au service de vos écrits, de vos idées. Je vous aide à écrire votre roman ou vos mémoires. Quel que soit mon niveau d’intervention, vous demeurez le créateur, le décideur de tout ce que vous souhaitez exprimer. Vous composez la chanson, je veille à ce que l’arrangement soit bon. Vous construisez une maison, votre roman par exemple, j’en contrôle l’équilibre et la pertinence. Au besoin, je suggère une petite finition çà et là mais en définitive, le boss, c’est vous.


Ecrivain, correcteur-rédacteur indépendant pour les entreprises et les particuliers.
Identifiant SIRET 501 498 489 00027

Pour me contacter :  bruno.michard@orange.fr


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Dimanche 16 mars 2008

 

stasi2.gifDevant ma moue dubitative, il n’insiste pas. D’ailleurs, je commence à peine à réaliser que je suis tombé dans un monde de fou. Je lui explique qu’un jour, j’avais lu un article sur les univers parallèles et que cela m’avait fortement intrigué. Je m’étais imaginé toutes sortes de possibilités mais par ce genre de débilité.

— Moi qui croyais vivre dans un pays de dingues, j’ajoute, permettez-moi de vous dire que dans votre patelin, vous êtes particulièrement soignés. Et encore, ce que j’ai vu jusqu’ici, c’est une sorte de poste frontière, si j’ai bien compris. Qu’est-ce que ça doit être là, dehors.

Sans prêter attention à mon bavardage, le guichetier referme tranquillement ses dossiers qui ne contiennent rien à part mes nom, prénom, âge et supposées qualités. Il enfourne le tout dans une trappe qui ressemble à un vide-ordure en soulignant d’une voix lasse que les archivistes vont prendre soin du colis puis se lève, époussette son pantalon poché aux genoux, ramasse sa casquette par terre et me précise que la secrétaire chargée des reconversions atypiques va venir me chercher dans quelques instants. Là-dessus, il me plante là comme un vieux pneu sur le bord d’une route.

 

Je reste seule en face du portrait de Small Boss. Je porte mon attention un instant sur lui, mais son sourire écœurant de dispensateur de bonheur à deux balles me flanque les foies. J’en ai déjà vu des gueules de faux-cul dans ma vie, mais je reconnais qu’avec cet oiseau-là, on frôle l’exploit. Du coup je reporte mon attention sur le reste de la pièce. Quatre murs, un bureau, une chaise, un tabouret, la trappe des archives, une patère et le portrait du clown souriant. J’attends la secrétaire de je ne sais quoi en étudiant la texture de mes chaussures. Je tenterais bien une rétrospective des péripéties qui m’ont conduit là mais ça me fiche le vertige ; je n’y comprends goutte et je me rassure en imaginant que je suis plongé dans un rêve particulièrement pénible, que le réveil va se mettre à sonner et que je vais me réveillez avec une gueule de bois carabinée.

 

Cela fait bien une demi-heure que j’attends lorsque je me décide enfin à me barrer de ce trou à rats. Je me lève, je pose la main sur la poignée de la porte lorsque celle-ci s’ouvre à la volée. Je me la prends en plein pif et j’en suis presque à compter les étoiles qui virevoltent autour de mes yeux qu’une femme plutôt jolie entre d’un pas martial et s’installe à la renverse sur la chaise, les pieds disposées à l’américaine sur le bureau, ce qui me donne une vue plongeante sur ses cuisses.

— Désolée pour le retard, fait-elle en esquissant un sourire narquois, mais j’avais d’autres chats à fouetter. Rasseyez-vous je vous prie, monsieur…

— Appelez-moi Georges, dis-je en reluquant ses cuisses. Je suppose que vous êtes la secrétaire de la… reconversion atypique. Que me vaut ce splendide point de vue ?

Elle ne se démonte pas.

— Rincez-vous l’œil tant que vous voulez, reprend-elle. Moi, tout ce qui m’intéresse, c’est de déterminer comment vous êtes parvenu jusqu’ici.

— Ici ? Dans ce bureau ?

— Non, Georges. Dans notre univers. Nous devions recycler un dénommé Robert Jansen et c’est vous que ces crétins du G.I.S.E.L.E. nous ramènent. Que s’est-il passé ? De quoi vous souvenez-vous exactement ? N’omettez aucun détail.

J’y vais de mon histoire. Je reprends tout depuis début jusqu’à mon face à face avec le type au sourire de guimauve sur la photo.

Elle se retourne vers le portrait. L’espace d’un instant, j’ai l’impression qu’elle est en prière.

— Small Boss ! C’est notre guide, dit-elle simplement. Avec lui la vie est si confortable. C’est… comment diriez-vous dans votre monde ? notre tsar !

Et là, elle esquisse une sorte de signe compliqué. Elle sort un grand mouchoir de la poche ventrale de sa blouse qu’elle enroule autour de son poignet puis se tapote successivement, le front, le cœur et l’abdomen qu’elle percute par trois fois du plat de la main.

Moi, je me marre en observant ses simagrées. On dirait l’adepte d’une secte de jobastres adorateurs de la poche abdominale évoquant leur grand gourou.

— Il est cosy ! je raille.

La secrétaire me jette un regard interrogateur et larmoyant. Elle est visiblement émue par ses salamalecs, mais ne comprend pas le sens de ma répartie.

— Que dites-vous à propos de Small Boss ?

— Je dis que c’est un tsar cosy ! Étymologiquement, un guide confortable.

Elle blêmit. Sa voix posée se mue en aboiement.

— Vous blasphémez ! Je me vois contrainte de vous livrer aux hurleurs. C’est tout ce que vous méritez ! (à suivre)

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Samedi 15 mars 2008

Robert-Heinlein.jpgRobert Heinlein, écrivain américain de S.F., est né le 7 juillet 1907 à Butler dans le Missouri.

 

Après son service militaire, il étudie succinctement les mathématiques et la physique à l'Université de Californie. Il exerce ensuite diverses professions et se lance sans succès dans la politique.

 

Il publie sa première nouvelle Ligne de vie en 1939 dans le magazine Astounding Stories. Il touche 70 dollars pour ce premier opus, soit un cent le mot.

 

Pendant les deux années qui suivirent, il publie plusieurs nouvelles et en assure la cohérence en les inscrivant dans une Histoire du futur qu'il élabore pour décrire l'histoire de l'humanité de 1950 à 2600. La trame en est publiée pour la première fois dans le numéro de mai 1941 d'Astounding Science-Fiction.

 

Lors de l'entrée en guerre des États-Unis, Heinlein cesse toute activité littéraire et travaille comme ingénieur civil dans un laboratoire de la marine. Il y fait entrer Isaac Asimov et L. Sprague de Camp.

 

La guerre finie, il milite brièvement pour un contrôle mondial des armes nucléaires puis ne vit plus que de sa plume.

 

Quatre fois lauréat du prix Hugo du meilleur roman de Science Fiction, il reçoit également le prix Nebula Grand Master.

 

Robert Heinlein est notamment l’auteur de Starship Troopers (Étoiles, garde à vous), porté à l’écran par Paul Verhoeven en 1997, de En terre étrangère ou de Une porte sur l’été.

 

Prolifique et novateur, il est un des piliers de ce que l’on appelle aujourd’hui « L’Âge d’or de la Science-fiction », au même titre que Clifford D. Simak, Ray Bradbury ou Isaak Asimov.

 

Victime d’un emphysème, Robert Heinlein est décédé dans son sommeil en 1988. Ses cendres ont été dispersées depuis un navire de la marine américaine, au large de Santa Cruz, en Californie.

 

 

 

 

 

 

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Samedi 15 mars 2008

Une ellipse est l’omission volontaire d’un mot dans une phrase ou d’un détail dans un récit.

 

Une ellipse consiste également à passer sous silence une période de temps, c'est-à-dire ne pas raconter certains évènements « ralentisseurs ». Il s'agit donc d'une accélération du récit.

 

  • Un passant, une peau de banane. Un homme à terre !

 

  • L’homme cherchait du travail chaque jour de la semaine. Deux ans ! aucun résultat.

 

Cette figure de rhétorique accélère l’action en évitant de raconter des détails que le lecteur est supposé connaître. Un exemple simple : si je vous dis que, cherchant du travail dans le secteur alimentaire, j’ai fini par décrocher un entretien d’embauche chez Leclerc. Expliquer en long et en large que j’ai posté des CV, que je me suis inscris à l’ANPE, dans des boîtes d’intérim ou que j’ai couché avec la fille ou la femme du patron n’apporte rien au récit. La véritable information est la suivante : je cherche du travail et j’ai décroché un entretien d’embauche.

 

Bien souvent à son insu, le lecteur complète mentalement ces troublants trous noirs. Il se raconte l’histoire à sa convenance. Il s’insinue dans l’acte créateur, devient une extension de l’auteur et du coup, se sentant valoriser, s’implique un peu plus dans le texte. Dans le cas contraire, le livre lui tombe des mains et… Pfuit ! vous n’existez plus.

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Vendredi 14 mars 2008

umberto-eco.jpg« Le lecteur, supposé passif, est en fait parfaitement actif dans le phénomène de lecture : il coopère au sens du texte, pour une bonne part, et d’autant plus que l’auteur a laissé plus de " blancs " à combler ! Sentant qu’il y a un " blanc ", le lecteur en effet s’accroche d’autant plus au texte pour le découvrir ! » (Umberto Eco dans Lector in fabula)

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Vendredi 14 mars 2008

 

images.jpgLà-dessus, le guichetier me fait signe de le suivre. Il tient toujours ma carte d’identité entre deux doigts, mais elle a l’air de sentir moins mauvais. Il me précède dans un autre couloir, une sorte de boyau qui prend sa source juste derrière le guichet. Je remarque au passage la pancarte : « Le guichetier est parti déjeuner. » Je hausse les épaules en me disant que c’est peut-être moi, le déjeuner, puis me ravise. Il ne me semble pas détecter une lueur de gourmandise dans l’œil du guichetier lorsqu’il lui arrive de poser le regard sur moi. Nous arrivons à un croisement débouchant sur un corridor plus vaste tapissé de rouge. Le guichetier pousse une porte, nous pénétrons dans un bureau de type soviétique, années 50. Au mur, le portrait d’un homme aux yeux de chien neurasthénique, à la chevelure calamistrée et au sourire faux-cul. Ça sent le tabac froid, le papier moisi, les chaussettes après une longue marche dans des bottes en caoutchouc et un soupçon de saucisson à l’ail. Le guichetier jette sa casquette sur un portemanteau, loupe sa cible, fait comme si de rien n’était et m’invite à prendre place sur un tabouret inconfortable. Lui s’installe derrière son bureau, se cure consciencieusement le nez, en sort une boulette qu’il roule un instant entre ses doigts d’un air blasé et la colle sous sa chaise. Je frémis à la pensée de tout ce qui peut s’y trouver. Là-dessus, il me lance un autre de ses regards peu amènes et s’empare d’un dossier en haut d’une pile composée de ses semblables. Il l’ouvre avec consomption, attrape un stylo qu’il humecte rapidement sur sa langue. Je ne suis pas médecin, mais rien qu’à voir la couleur de celle-ci, je suis prêt à parier que ce gaillard-là ne suce pas que de la glace.

— Nom, prénom, âge et qualité, demande-t-il soudain.

Son ton est neutre, fonctionnel.

— Tout est indiqué sur ma carte d’identité, je grommelle.

— Nom, prénom, âge et qualité, demande-t-il pour la seconde fois.

Le ton est cette fois légèrement agacé. Je n’insiste pas. C’est un fonctionnaire. Il ne vit pas, il fonctionne.

— Lebrac, Georges, 53 ans, biologiste.

L’autre relève la tête. Une lueur d’énervement tressaille dans son œil morne. Sa lèvre inférieure tremble légèrement.

— Nom ! Prénom ! Âge ! et… Q.U.A.L.I.T.É !

J’accuse le coup. Je suis en présence d’un timbré notoire. Ah ! Tu veux jouer à ça, je me dis, attend ! On va jouer !

— Lebrac, Georges, 53 ans, S.E.R.V.I.A.B.L.E !

— Merci, répond-il simplement.

Ensuite, il remplit une ou deux cases réservées à l’administration, au service technique ou au légat du pape, que sais-je. Et… sans crier gare, il chope un autre dossier sur la pile et recommence exactement le même cirque. Au bout du cinquième dossier, je pète un câble. Du coup, c’est moi qui risque de devenir dingue.

— Eh Ducon ! On va en en remplir combien des dossiers, comme ça ?

Le guichetier relève la tête. Un léger sourire égaye son faciès de bureaucrate alcoolique.

— Encore un et on a fini.

— Mais, vous vous rendez compte qu’on fait exactement la même chose depuis tout à l’heure.

— Désolé, monsieur, j’applique la procédure. Je dois transmettre 6 duplicata, pas un de plus, pas un de moins, aux services concernés.

J’en ai le vertige.

— Le papier carbone, vous connaissez pas ici.

— Si, affirme-t-il d’un air matois, mais je ne fais qu’appliquer les nouvelles directives de Small Boss. Vous comprenez, j’ai une famille à nourrir moi.

Devant ma mine déconfite et interrogative, il précise :

— Travailler plus pour gagner plus ! (à suivre)

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