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Rédacteur correcteur

Je suis rédacteur correcteur. Un peu comme un écrivain public en moins administratif. Je gagne ma vie en corrigeant et révisant des articles ou des manuscrits. Je mets ma technique au service de vos écrits, de vos idées. Je vous aide à écrire votre roman ou vos mémoires. Quel que soit mon niveau d’intervention, vous demeurez le créateur, le décideur de tout ce que vous souhaitez exprimer. Vous composez la chanson, je veille à ce que l’arrangement soit bon. Vous construisez une maison, votre roman par exemple, j’en contrôle l’équilibre et la pertinence. Au besoin, je suggère une petite finition çà et là mais en définitive, le boss, c’est vous.


Ecrivain, correcteur-rédacteur indépendant pour les entreprises et les particuliers.
Identifiant SIRET 501 498 489 00027

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Vendredi 22 février 2008

4_Fujishima-copie-1.gifDeux heures plus tard, la mercière appréciait le résultat dans l’armoire à glace de Claudika. Ça moutonnait toujours, mais c’était sec comme de la limaille de fer. Elle remercia du bout des lèvres. Trop souvent échaudée, elle doutait du résultat à long terme. Elle expliqua que oui, bien entendu, c’était bien, mais que voilà…

— Voilà quoi, s’impatienta Claudika.

— Le coiffeur…

— Est un bon à rien ! Et ce n’est pas faute de lui avoir transmis deux ou trois secrets. Les hommes… Ils croient tout savoir. Allez ! Rentrez chez vous, je vous ai assez vue. Et souvenez-vous qu’un grain de sable, aussi infinitésimal fut-il, peut enrailler la plus formidable des machines.

 

L’affaire aurait pu s’arrêter là. La chevelure de la mercière plus jamais ne graissa, ne huila ni ne lubrifia. Elle fit d’amples économies de coiffeur et de chemisiers. Elle diminua d’importance sa consommation de shampooing et de liquide vaisselle. Et quand on calcule bien…

 

Mais ces cheveux dégringolaient toujours sur ses frêles épaules comme des lianes amazoniennes encombrées de rhizomes et son complexe bien que fort atténué dans les premiers temps trouva une autre façon de s’exprimer.

Un petit garçon, un jour, accompagnant sa maman à la mercerie, demanda d’un ton fort candide :

— Dis, maman. Pourquoi la dame elle a des cheveux d’araignée ?

Sourire confus de la cliente. Sourire jaune et malgré tout commercial de la mercière. Sourire naïf du garçonnet inconscient du drame qu’il venait de susciter.

On avait dit naguère, à madame Philidor, qu’un grain de sable n’a pas un poil sur le caillou. Est-il bon de préciser qu’une araignée n’est guère pourvue capillairement parlant. Le petit métaphoriste en culotte courte, lui, bien ignorant de toutes ces choses, repartit avec sa maman, saluant bien poliment la marchande comme il le lui avait été chaudement recommandé. La mercière renifla de dépit.

 

En bref, certaines personnes ne sont jamais contentes de leur sort. Heureusement, la sainte providence dépêcha un émissaire en la personne de monsieur N’dialo. (mais ceci est un autre chapitre)

publié dans : Roman (extrait) communauté : L'écriture dans tous ses états
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Jeudi 21 février 2008

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Bonjour à tous !

 

Je viens de découvrir un blog absolument superbe. Le blog d’Orphea ! Rendez-lui visite sans attendre. Les images, les textes et les musiques vous réjouiront le cœur s’il vous reste deux sous de sensibilité dans ce monde de brutes.

 

http://orphea.over-blog.net.over-blog.com/

 

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Jeudi 21 février 2008

Mixture.jpgCela ne fit guère rire Claudika non plus. Malgré son shampooing du midi, la doudoune capillaire de Cosette dégoulinait déjà sur son plancher fraîchement ciré. La dame de Charmelune pour une fois perdit patience.

— Mais enfin, pourquoi n’êtes-vous pas venue plus tôt. C’est véritablement scandaleux de se laisser aller ainsi. À quoi pensez-vous donc, ma pauvre fille. Regardez-moi ça, vous en mettez partout. Comment donc faites-vous pour ravoir vos chemisiers ?

— Je les lave au liquide vaisselle, ça dégraisse bien.

— Oui, opine Marmeladine, mais ça bousille l’étoffe.

— C’est bien pour cela que j’en achète souvent. Heureusement que j’ai des prix, de par ma profession.

Claudika leur lança un regard terrible. Elle agrippa la mercière par les épaules et la sortit manu militari dans le jardin.

— Tenez-vous là, près du tas de sable. Je reviens. Vous, la perruquière, asseyez-vous sur le banc et gardez vos commentaires pour vous.

Sur ce, elle s’engouffra dans sa maison.

— Je savais bien que j’allais indisposer, bredouilla Cosette. Je devrais rester fermée chez moi, bien cachée sous mon lit, comme un mouton de poussière en attente du coup de balai divin.

La tête de Claudika surgit subitement par la fenêtre de sa cuisine. On voyait à son expression qu’elle était hors d’elle.

— Allez-vous vous taire à la fin. Qu’est-ce que c’est que cette humilité de contrefaçon. Le coup de balai divin. Vous vous croyez donc si importante que ça ?

La mercière sanglota.

— Bien au contraire, madame Dromos. Je ne suis qu’un minuscule grain de sable totalement insignifiant.

Claudika ne répondit pas. On l’entendait fourailler, dévirer, décapsuler et déboucher une noria de trucs et de machins. Ensuite, il y eu comme un bruit de ferraille, puis des écoulements et des gargouillements bizarres. Ça se termina par un long pschitt suivi d’un clapotis visqueux. Un peu comme le claquement d’une tranche de foie de veau sur une fesse celluliteuse.

La sorcière sortit enfin de son antre, traînant une lessiveuse remplie à ras bord d’une sorte de mélasse à la couleur désobligeante. Elle posa la lessiveuse sur le sol, s’empara d’un bâton et se mit à touiller ce qui ressemblait plus à une décoction de crapaud qu’à une honnête médecine.

— Votre histoire de grain de sable, madame Philidor, n’est qu’une vaste fumisterie. Pourquoi avez-vous donc besoin, sans cesse de vous rabaissez à vos propres yeux. À cause d’un petit problème de cheveux gras ? Ôtez votre chemisier, votre soutien-gorge et votre gaine !

La mercière hésita.

— Allez, nous sommes entre femmes, ne faites pas votre mijaurée. À poil et penchez-vous en avant. Nous allons soigner le mal par le mal. Vous, la perruquière, rendez-vous utile, aidez-moi à soulevez ça.

Et là, mes amis, les deux femmes versèrent sur la tête de la troisième une soupe infecte et purulente semblable à la morve d’un éléphant de mer. Ça vous avait cette consistance de la colle à papier peint mélangée de sirop de grenouille et ça puait le purin, mais alors d’une force.

L’opération dura un bon quart d’heure. Claudika malaxait la chevelure de la mercière à pleines mains, tandis que celle-ci secouée par de puissants haut-le-cœur subissait son tourment sans dire un mot. Dans un coin, Marmeladine rendait tripes et boyaux. Claudika se mit à haranguer la marchande de légumes.

— Quand vous en aurez terminé avec vos simagrées, vous me rajouterez deux ou trois pelletées de sable dans la lessiveuse. J’ai les mains grasses.

Marmeladine obéit tant bien que mal. Claudika redonna deux tours de bâton dans le reliquat de soupe mêlée de sable, s’empara d’une truelle qu’elle avait préalablement accrochée à la ceinture de son tablier et vlan et ouste, elle enduisit la mercière de ce mastic jusqu’aux épaules.

— C’est fini. Maintenant vous allez attendre bien sagement que ça sèche et vous irez vous tremper dans la cuve d’eau chaude que je vais vous préparer. Quant à vous, Marmeladine, apprêtez-nous un petit goûter. Vous trouverez ce qu’il faut dans la cuisine. (à suivre)

 

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Mercredi 20 février 2008

psychea.gifEn désespoir de cause, Cosette acheta à un Gill-box intersecting ; sur catalogue. Cet engin-là, c’est une machine assez complexe utilisée pour l'étirage de la laine peignée. Une arnaque ! Elle conserva sa tignasse et perdit une somme rondelette pour un gadget qui ne tarda pas à rouiller dans l’arrière-boutique. On raconte que monsieur N’dialo l’a depuis récupéré.

 

Un matin, Marmeladine Patérond, née Lampoire, s’en vint trouver la mercière. Toute sautillante sous sa perruque pompadour, elle parla d’abord de la pluie et du temps qui passe. Elle raconta que son légumier de mari regrettait sa viande de temps en temps, alors il allait, en cachette, donner un coup de main au jeune boucher qui fut naguère son apprenti. Tout cela n’avait pas grande importance. Elle demanda quels seraient les coloris à la mode pour le printemps prochain car elle envisageait de tricoter un pull-over pour son ours parfois mal léché. Enfin, sans crier gare, elle souleva sa perruque et dévoila un crâne aussi luisant qu’une boule de billard.

— Pourquoi ne faites-vous pas comme moi, ma pauvre Cosette ? C’est tellement commode.

— Oh, non ! J’aurais trop peur de ressembler au marchand de souvenirs.

Marmeladine fit la moue.

— Il vous faudrait, pour cela vous étoffer un peu et ma foi, vous me paraissez bien pâle.

— Non. Je fais bien assez rire comme ça. J’aurais bien trop peur d’aggraver la situation.

— Et qu’en pense madame Dromos.

— Eh bien, que voulez-vous qu’elle en pense ?

— Je ne sais pas, moi. Sans doute pourrait-elle vous conseiller. User peut-être d’une de ces potions dont parait-il, elle détient les arcanes.

— Vous croyez qu’elle s’occuperait d’un misérable et insignifiant grain de sable comme moi ?

— Vous proférez des sottises. Un grain de sable n’a pas de cheveux. Mais vous avez vu les siens, à elle ?

Cosette réprima un sanglot.

— Des fils d’argent chatoyant sous la lune. Marmeladine, ne remuez pas le couteau dans la plaie si vous êtes mon amie.

— Je remuerai ce qu’il me plaît, Cosette. Et non seulement je remue, mais en plus je secoue. Vos puces en l’occurrence. La comédie a assez duré. Allez ! Fermez boutique et allons-y. Je vous accompagne. Il est dit que ces ruffians du café de la poste ont assez ri. (à suivre)

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Mardi 19 février 2008

Meduse_Capitole_Rome.gifUne fois par semaine, Cosette Philidor se rendait au salon de coiffure. En soirée ! Lorsque plus personne ne pouvait décemment déranger l’opération de sauvetage capillaire du coiffeur.

Figaro avait sa méthode qui, pour n’en être pas moins inefficace, avait le mérite du spectaculaire. Il usait d’abord d'eau tiède pure, à grands seaux. Puis il utilisait des solutions alcalines, des détergents avec des sulfures ou des tétrachlorures de carbone. Lorsque la chevelure était rincée et séchée, il cardait, défeutrait et peignait pour démêler, débourrer et lisser la laine. Le but étant d’éliminer les fibres trop courtes : les blousses, responsables d’une grosse partie du problème. 

 

Lorsque Figaro en avait terminé, la chevelure de Cosette évoquait le cachemire le plus soyeux ; le visage du coiffeur exprimait l’épuisement le plus complet. Il raccompagnait pourtant la mercière jusqu’à son échoppe. Pour prendre l’air et apprécier le résultat de son labeur au clair de lune, expliquait-il. Il quittait madame Philidor et son éphémère pimpance devant la mercerie et repartait en sifflotant une mélopée tristounette. Chemin faisant, tout en donnant des coups de pieds désabusés aux cailloux de passage, il songeait à la légende des danaïdes et compatissait au sort de ces pauvres filles. Quand d’autres disaient : chacun sa croix ! Figaro, songeant à Cosette, répondait : chacun son tonneau !

 

Le lendemain, la tête de la mercière s’effilochait déjà de bourres et de barbillons. La tignasse était prête pour un nouveau détrichage/dégraissage. Et cela durait et perdurait, depuis des années. Cosette en avait conçu un terrible complexe bientôt récupéré et étudié par la faculté de recherche psychiatrique de l’Isle-Bouzon sous le nom de complexe de l’excroissance ægagropile broussailleuse pilo-encéphalique. 

 

Vous comprendrez bien que, vu la texture abracadabrante de ses cheveux, elle ne sortait que coiffée d’un ample bonnet de laine blanche. Ce qui, à la grande joie des écoliers de Montmorence, lui conférait l’apparence d’un coton-tige géant. On raconte qu’un de ces messieurs lui demanda si, ainsi apparentée, elle avait l’oreille du coiffeur. Elle piqua son far, rentra chez elle, et bien mal conseillée par une intuition déficiente, elle remplaça son bonnet blanc par un rouge. Et tous ces messieurs de s’enquérir de la cigarette géante qu’une telle allumette eut pu allumer. Navrant. (à suivre)

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