Jeudi 10 avril 2008
Extrait d’un article paru dans le n° 9 des Chroniques du Graal décembre 1998 :
« Des animaux transgéniques sont-ils responsables des crops circles ? »
Pour illustrer notre propos, prenons pour exemple l’étrange aventure survenue au docteur Philippe F.
« Il était environ 17 heures 30. Je revenais d’une visite chez l’un de mes patients, lorsque ma voiture est tombée inexplicablement en panne. Je me trouvais à mi-chemin entre Vaïssac et Montclar. Pour comble de tout, mon mobile ne captait pas le réseau et je me trouvais à vingt minutes à pied du village.
Contre mauvaise fortune bon cœur, je me suis mis en quête d’une habitation d’où je pourrais appeler une dépanneuse.
Comme je longeais un champ de maïs, un bizarre remue-ménage a attiré mon attention. Un peu comme une cavalcade s’éparpillant dans tous les sens. Au même moment, j’ai ressenti une démangeaison au niveau du cou et des oreilles et j’ai éternué. Je ne suis pas sujet au rhume des foins et la chaleur était étouffante, mais je n’eus pas le temps de porter une attention particulière à cet incident. Quelque chose venait de jaillir du champ pour venir s’écraser à mes pieds avec un bruit de froissement. Une sorte de boule de gelée blanchâtre. Je notai une forte odeur de feuilles mortes et peut-être de muguet. Je crus tout d’abord à une plaisanterie de gamins du genre boule puante, vous voyez. Mais je n’eus guère le loisir de réfléchir à ça. Une violente crise d’éternuements m’a plié en deux. La cavalcade s’est éloignée pendant que je tentais de reprendre mon souffle.
J’étais furieux après ces mômes mais quelque chose m’intriguait. J’étais probablement la victime d’une farce de mauvais goût, cependant je n’entendais aucun de ces ricanements stupides propre aux garnements qui s’amusent aux dépens d’autrui. Je percevais seulement une sorte de stridulation comparable au chant des cigales.
Malgré les démangeaisons que cette bombe aux poils à gratter m’avait occasionné, j’ai accéléré le pas. Je regrettais de pas m’être muni de ma trousse dans laquelle j’emporte toujours une petite provision d’antihistaminiques.
Je croyais avoir laissé derrière moi ces voyous, lorsque un mouvement rapide agita la lisière du champ de maïs. À la fois agacé et inquiet, je me suis m’arrêté. J’étais sur mes gardes, vous pensez bien. L’affaire n’avait que trop duré.
Soudain, une silhouette a surgi devant moi et s’est immobilisée sur la route. Ébloui par le soleil, j’ai cru d’abord à une sorte de singe affublé d’une carapace, puis je discernai une créature insectoïde. De la taille d’un enfant de dix ans, vous voyez. Ça se déplaçait par rotations successives ou plutôt comme ces buissons roulants dans les westerns, vous voyez. Le plus étrange, c’est que cette chose paraissait totalement instable, comme un nuage de papillons, une sorte d’essaim quoi.
À cet instant-là, mes éternuements sont repartis de plus belle. J’ai cru voir la créature braquer sur moi une sorte de branche dont l’extrémité éclata. Un nuage de spores a virevolté autour de moi. Pris de panique, j’ai tenté de m’enfuir tout en retenant ma respiration. Un dernier éternuement m’a contraint à aspirer une grande goulée d’air… et de spores. Contre toute évidence, la crise allergique a cessé immédiatement.
Je me suis retrouvé tout seul sur la route. Tout était calme. J’ai entendu une voiture qui s’approchait. Mon mobile s’est mis à sonner. »
Le lendemain de cet étrange incident, monsieur Jean-Louis P., exploitant céréalier fut avisé par un pilote d’U.L.M. qu’un dessin géométrique d’une trentaine de mètres de diamètre avait été tracé dans son champ. D’après les photos prisent par le pilote, le motif avait la forme d’un pentagramme.
De fortes suspicions planent sur les membres d’une communauté religieuse, l’Avènement du Millenium Revisitée, installée depuis peu dans une ferme des environs. Les membres de cette secte se refusent à tout commentaires. En signe d’apaisement, monsieur Jean-Louis P. n’a pas souhaité porter plainte. (Note de la rédaction).
publié dans :
Roman (extrait)
communauté :
L'écriture dans tous ses états
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Je
m’introduisis dans ce petit café de quartier avec la démarche d’un voleur traqué. Ma première impression fut exécrable. Petites nappes à carreaux, chaises de formica, comptoir en zinc. Une
ribambelle de bouteilles d’alcool suspendues cul par-dessus tête ornementaient un vaste miroir derrière un barman mafflu et rouquin. Sur le mur d’en face, une exposition de photos de la légion
étrangère. Grosses mouquères obscènes et méharis grimaçants étalaient leurs attributs aux côtés de guerriers en permission tatoués de motifs insanes. L’antre clinquant et ringard d’un Ali Baba de
quartier. Une ode au mauvais goût d’avant guerre, ma pauvre dame. Ça puait la viande faisandée, la sueur et le tabac froid. En arrière-plan, un relent de vomissure de bière.