Lundi 1 septembre 2008
Naturellement, il était impossible de ralentir encore la course de la lune autour du monde. Louis, le saint patron des coiffeurs, le lui rappela avec assurance.
— Inutile de couper les cheveux en quatre. Si la lune s’arrêtait de tourner il en résulterait un gros bourrelet d’eau très disgracieux à l’équateur.
— D’un autre côté, si le rhapsode continue comme ça à piétiner les continents, ajouta l’ange San Andréas au jugement réputé sans faille, je crains fort de diagnostiquer le développement d’un eczéma prurigineux propre à déclencher des soubresauts tectoniques aux conséquences regrettables.
Le Grand Architecte se grattait la tête d’un air dubitatif. Il en vint même, l’espace d’un court instant, à regretter d’avoir créer l’amour, ce sentiment si fort qu’il est impossible à combattre. Il se pencha sur ce monde qui le préoccupait tant. Certes, ce n’était pas une grande réussite, mais c’était son premier, il avait des excuses. Celui qu’il concevait en ce moment même dans son bureau d’étude serait nettement plus performant. Le Grand Architecte, à ce moment, eu la pressentiment de Michel-Ange choisissant de conserver ses dessins d’enfants. Il se ressaisit donc et décida qu’il fallait absolument stopper ces deux olibrius.
Thanatos, un grand échalas réputé pour ses méthodes expéditives, proposa ni plus ni moins que l’éradication du problème.
— Le géant est déjà presque mort d’épuisement. Quant à Séléné, vous avez vu l’état de ses pieds ? Elle ne danse plus, elle trottine. Ce serait là, je crois, faire preuve de compassion.
Le Grand Architecte haussa les épaules. La solution était peut-être un peu disproportionnée. Cependant, l’idée lui vint de faire appel à Hypnos, petit frère de Thanatos et hôtelier du domaine, apprécié pour des méthodes moins radicales.
— Hypnos ! Cessez donc de bayer aux corneilles, et livrez-nous votre solution, si toutefois vous en avez une.
L’hôtelier s’avança ; comme toujours il affichait un air d’ennui profond.
— Peut-être… Enfin bon… suffirait-il d’endormir le géant. Plongé dans un rêve infini, il pourrait étreindre sa bien-aimée dans un univers virtuel composé de données et d’informations en tout point semblable au nouveau monde auquel vous travaillez, patron. Enfin bon… Moi ce que j’en dis…
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Roman (extrait)
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Passé un court instant de déception,
il sentit l’inspiration revenir à grands pas. Cela lui donnait la sensation d’une source d’eau fraîche sur son cœur enfiévré. Il empoigna son luth et improvisa illico une pavane d’une rare
beauté. Tandis que sa main gauche plaquait des accords inédits, sa main droite pinçait les cordes avec un ample mouvement de semeur, comme pour projeter les notes jusqu’au firmament.