Jeudi 3 avril 2008
Bonté divine ! Je n’en crois pas mes yeux. Enfin un email d’un éditeur. Enfin une réponse à mes envois multiples. Le texte est bref mais précis :
« Cher monsieur, je viens de terminer la lecture de votre manuscrit. L’écriture est surprenante, parfois déroutante et votre imaginaire si inattendu…bla bla bla »
Bref ! Après un dithyrambe court mais efficace, l’éditeur me propose un contrat. Enfin si je le veux bien, stipule le boss des éditions… que nous appellerons… Tartempion.
Je m’esclaffe. Bien sûr que je le veux ce contrat. La bonne blague ! Si j’envoie tous azimuts mes manuscrits ce n’est certes pas par amour des services postaux. Affirmatif, mon éditeur ! je rétorque. Envoyez-moi illico votre contrat !
Ça y est ! Visez-moi ça ! Le contrat est là, entre mes mains. Cela mérite qu’on débouche une bonne bouteille.
Une première lecture. Ok ! C’est bien un contrat à compte d’éditeur. Cependant, je sais par expérience qu’il faut éplucher un contrat d’édition aussi soigneusement qu’une banane transgénique.
Je relis. Par la barbe du Prophète ! Une puce me chatouille l’oreille. Voyons cela. Je relis une seconde puis une troisième fois et là, je relie le paragraphe 3 au paragraphe 2 et je constate que l’éditeur me demande de fournir une liste de 120 clients se portant préalablement acquéreurs de mon ouvrage. Si ces 120 clients n’obtempèrent pas, je suis tenu de racheter à mes frais et au prix coûtant les invendus.
Je sors ma calculette et bien sûr, au vu du chiffre qui aurait pu jaillir de ma poche si j’avais signé les yeux fermés ce contrat de dupe, mes cheveux se dressent sur mon crâne comme du chiendent dans une prairie sans petite maison.
Conclusion, mes amis, reléguait au fin fond de vous-même votre vanité d’auteur et décortiquez méticuleusement vos contrats d’édition. Ne signez pas n’importe quoi et, le cas échéant, faites-vous conseiller par un spécialiste. Votre portefeuille vous en saura gré.
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