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Permettez-moi tout d'abord de vous faire un aveu. Je n’existe pas. Je suis un rédacteur fantôme, un ghost-writer, comme on dit en anglais. Je mets ma technique au service de vos écrits, de vos idées. Quelque soit mon niveau d’intervention, vous demeurez le créateur, le décideur de tout ce que vous souhaitez exprimer. Vous composez la chanson, je veille à ce que l’arrangement soit bon. Vous construisez une maison, votre roman par exemple, j’en contrôle l’équilibre et la pertinence. Au besoin, je suggère une petite finition çà et là mais en définitive, le boss, c’est vous !

bruno.michard@orange.fr
 
 
 

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Dimanche 6 avril 2008

Croustance de macroule lactescente sur son pot-pourri de pistillaire

 

Pour 4 personnes

Préparation 15 minutes

Cuisson 20 minutes

Repos 30 minutes

 

4 macroules

40 œils-de-perdrix

300 g de pistillaires

3 ovocytes

80 g de coagulation lactée

4 c. à soupe de brillantine à la noix

2 c. à soupe de vinaigre de xérès

1 c. à soupe de baies rosâtres

2 c. à café de cérumen de poulet

1 c. à café de concentré d’ypérite à l’ancienne

gasoil pour friture

sel et poivre

 

1 Ôtez les pédoncules des macroules puis décrassez celles-ci et cisaillez-les en rondelles de l’épaisseur d’une langue chargée. Salez ces dernières des 2 côtés et laissez-les dégorger 30 minutes sur la double page centrale d’un magazine masculin.

 

2 Taillez les oeils-de-perdrix en rondelles. Astiquez les pistillaires puis effeuillez-les avec une solide paire de tenailles. Râpez la coagulation lactée. Pulvérisez les baies rosâtres.

 

3 Concoctez une accointance vinaigrée avec l’ypérite, la brillantine à la noix, le vinaigre et le cérumen de poulet. Salez et poivrez. Épongez les rondelles de macroule avec du papier triple épaisseur parfum violette.

 

4 Fracassez les ovocytes dans une assiette creuse et battez-les comme plâtre à l’aide d’une matraque souple. Incorporez-y la coagulation lactée râpée et les baies rosâtres. Trempez-y une à une les rondelles de macroule et égouttez-les. 

 

5 Chauffez le gasoil pour friture dans un chaudron. Faites-y dorer les rondelles de macroule 4 minutes de chaque côté et réservez-les sur une serpillière.

 

6 Répartissez la croustance de macroule et les pistillaires dans les assiettes, parsemez d’oeil-de-perdrix et servez arrosé d’un filet d’accointance vinaigrée.

 

 

 

 

 

 

publié dans : Graphomanie borderline communauté : Diaspora Zorange
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Dimanche 6 avril 2008

Autour de moi, les murs du bistrot se dissolvent comme de la fumée de cigarette dans un courant d’air. Je suis seul dans un no man’s land caoutchouteux. J’esquisse quelques pas mais je manque perdre l’équilibre. L’effet est comparable à une course en sac sur un trampoline après quelques verres d’alcool. Je stoppe immédiatement toute tentative de progression. Douce illusion. C’est autour de moi que ça glisse. De plus en plus vite. Et un billet gratuit pour le grand huit. Une voix tonitruante me hurle à l’oreille que je bénéficierai d’un tour supplémentaire si j’attrape la queue du mickey. J’obtempère ! Wizz ! J’ai gagné. Et c’est reparti pour un tour avec cette sensation absurde d’être un étron qui vient de tirer la chasse sur sa propre destinée.

Les chutes du Niagara, bonhomme, ne feraient pas plus de boucan. Les tambours de guerre se remettent à retentir là-bas de l’autre côté du monde et j’ai l’impression que ma vie s’écoule le long de mes bras engourdis.

Quelque chose claque derrière ma nuque.

 

Black out ! Flash ! En alternance. Remise en route du moteur après quelques toussotements du démarreur. Un vent frais sur mon visage.

 

Le grand extérieur ressemble à un parking de supermarché un jour férié. Multipliez par 1000. Au loin, une enseigne illisible. De la réclame au milieu de ce désert de bitume ?

Ils ont tous disparu. Je me regarde, mes vêtements sont en lambeaux. Ils sont retournés à l’intérieur de mon moi profond. Pas mes fringues, mes autres moi-même. Et peut-être aussi quelques haillons enfouis dans mes chairs lacérées. Allez savoir.

Ça me fait tout drôle au milieu de la poitrine. Une gêne au niveau de mon cœur, comme une démangeaison glacée. Je regarde en prenant garde de ne pas refaire claquer ma nuque. C’est fluorescent dans la lumière crépusculaire et ça s’éteint comme un bout de chandelle. Je lève les yeux.

Le ciel est d’un bleu profond avec des milliards d’étoiles.

Je me débarrasse de mes loques. Je suis nu, mais ce n’est pas une gêne. Il fait chaud et il n’y a personne de toute façon.

Quelques choses me dit que je dois me mettre en marche. Encore.

Je me tourne dans toutes les directions. Derrière moi, il fait sombre, devant moi, l’aube semble poindre. Quelque chose scintille sur la ligne d’horizon incroyablement lointaine. Le jour va bientôt se lever.

Je suis passionné par l’astronomie. Je me suis toujours demandé la chose suivante : sur la lune, la ligne d’horizon est remarquablement proche, d’accord ! Mais qu’en est-il sur Jupiter qui est 1323 fois plus grande que la Terre.

Suis-je sur Jupiter ? Bien sûr que non. La pression ici est normale. Sur le sol jovien je serais aplati comme une méduse dans un moule à gaufre. Alors, où ?

J’en suis là de mes cogitations quand, dans le lointain, je perçois le hululement d’une sirène. (à suivre)

publié dans : feuilleton communauté : L'écriture dans tous ses états
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