Présentation

Rémunération de l'auteur

Me contacter

Permettez-moi tout d'abord de vous faire un aveu. Je n’existe pas. Je suis un rédacteur fantôme, un ghost-writer, comme on dit en anglais. Je mets ma technique au service de vos écrits, de vos idées. Quelque soit mon niveau d’intervention, vous demeurez le créateur, le décideur de tout ce que vous souhaitez exprimer. Vous composez la chanson, je veille à ce que l’arrangement soit bon. Vous construisez une maison, votre roman par exemple, j’en contrôle l’équilibre et la pertinence. Au besoin, je suggère une petite finition çà et là mais en définitive, le boss, c’est vous !

bruno.michard@orange.fr
 
 
 

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Janvier 2009
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Syndication

  • Flux RSS des articles
Mardi 19 février 2008

Meduse_Capitole_Rome.gifUne fois par semaine, Cosette Philidor se rendait au salon de coiffure. En soirée ! Lorsque plus personne ne pouvait décemment déranger l’opération de sauvetage capillaire du coiffeur.

Figaro avait sa méthode qui, pour n’en être pas moins inefficace, avait le mérite du spectaculaire. Il usait d’abord d'eau tiède pure, à grands seaux. Puis il utilisait des solutions alcalines, des détergents avec des sulfures ou des tétrachlorures de carbone. Lorsque la chevelure était rincée et séchée, il cardait, défeutrait et peignait pour démêler, débourrer et lisser la laine. Le but étant d’éliminer les fibres trop courtes : les blousses, responsables d’une grosse partie du problème. 

 

Lorsque Figaro en avait terminé, la chevelure de Cosette évoquait le cachemire le plus soyeux ; le visage du coiffeur exprimait l’épuisement le plus complet. Il raccompagnait pourtant la mercière jusqu’à son échoppe. Pour prendre l’air et apprécier le résultat de son labeur au clair de lune, expliquait-il. Il quittait madame Philidor et son éphémère pimpance devant la mercerie et repartait en sifflotant une mélopée tristounette. Chemin faisant, tout en donnant des coups de pieds désabusés aux cailloux de passage, il songeait à la légende des danaïdes et compatissait au sort de ces pauvres filles. Quand d’autres disaient : chacun sa croix ! Figaro, songeant à Cosette, répondait : chacun son tonneau !

 

Le lendemain, la tête de la mercière s’effilochait déjà de bourres et de barbillons. La tignasse était prête pour un nouveau détrichage/dégraissage. Et cela durait et perdurait, depuis des années. Cosette en avait conçu un terrible complexe bientôt récupéré et étudié par la faculté de recherche psychiatrique de l’Isle-Bouzon sous le nom de complexe de l’excroissance ægagropile broussailleuse pilo-encéphalique. 

 

Vous comprendrez bien que, vu la texture abracadabrante de ses cheveux, elle ne sortait que coiffée d’un ample bonnet de laine blanche. Ce qui, à la grande joie des écoliers de Montmorence, lui conférait l’apparence d’un coton-tige géant. On raconte qu’un de ces messieurs lui demanda si, ainsi apparentée, elle avait l’oreille du coiffeur. Elle piqua son far, rentra chez elle, et bien mal conseillée par une intuition déficiente, elle remplaça son bonnet blanc par un rouge. Et tous ces messieurs de s’enquérir de la cigarette géante qu’une telle allumette eut pu allumer. Navrant. (à suivre)

publié dans : Roman (extrait) communauté : L'écriture dans tous ses états
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Retour à l'accueil
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus