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Permettez-moi tout d'abord de vous faire un aveu. Je n’existe pas. Je suis un rédacteur fantôme, un ghost-writer, comme on dit en anglais. Je mets ma technique au service de vos écrits, de vos idées. Quelque soit mon niveau d’intervention, vous demeurez le créateur, le décideur de tout ce que vous souhaitez exprimer. Vous composez la chanson, je veille à ce que l’arrangement soit bon. Vous construisez une maison, votre roman par exemple, j’en contrôle l’équilibre et la pertinence. Au besoin, je suggère une petite finition çà et là mais en définitive, le boss, c’est vous !

bruno.michard@orange.fr
 
 
 

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Jeudi 17 avril 2008

Certains romans nous tombent des mains, d’autres nous tiennent en haleine jusqu’au bout de la nuit. Nos yeux se ferment avant le livre et c’est à regret que nous éteignons la lumière. Pourquoi ?

 

Il s’agit de ce qu’on appelle la tension narrative. Il en existe trois formes :

 

  • La surprise

  • La curiosité

  • Le suspense

 

L’auteur qui maîtrise la tension narrative dispose des outils nécessaires à l’écriture d’un roman haletant et de ce fait publiable. Si la tension narrative porte sur l’ensemble du roman, on dit qu’elle est générale. Si elle ne porte que sur un chapitre, on dit alors qu’elle est locale. La plupart des thrillers sont basés sur ce type de fonctionnement.

 

La surprise

 

On parle de surprise quand un événement imprévu et imprévisible se produit. Par exemple, l’explosion d’un bombe dont on ignorait l’existence.

 

La curiosité

 

La curiosité est un phénomène psychologique qui nous pousse à vouloir connaître les causes et les raisons d’un événement.

 

En général, la première scène d’un polar montre la découverte d’un cadavre. La curiosité du lecteur se met en branle : « qui est l’assassin et pourquoi ? ». Il est évident que l’auteur ne nous dévoilera ce mystère qu’à la fin de son roman, c’est notre curiosité qui nous pousse à lire le livre jusqu’au bout. Ceci va créer une tension générale qui sera entretenue par une série de tensions locales. Le rôle de l’auteur est de nous révéler au fur et à mesure, comme au compte-goutte, les mécanismes de l’intrigue ; de nous tenir en haleine et au besoin nous entraîner sur de fausses pistes. En résumé, la curiosité traite des choses passées, des causes de l’affaire.

 

Le suspense

 

Le suspense, quant à lui, concerne non plus les causes mais les conséquences. Pour construire un suspense, l’auteur doit raconter les faits suivants :

 

  • Le personnage principal « le gentil » doit avoir un but à atteindre.

  • Il en sera empêcher par une série d’obstacles et de péripéties. L’action du « méchant » par exemple.

  • Il dispose d’un temps imparti pour réussir.


Le suspense, c’est l’art de maintenir le lecteur dans l’incertitude de savoir si le but sera atteint ou non, de créer un doute sur le déroulement de l’histoire.

 

Le suspens doit se distinguer de la surprise. C’est un décalage entre ce que le lecteur sait et ce qu’il lit. Parfois, le lecteur sait des choses que le héros ignore, cela s’appelle aussi l’ironie dramatique. Il s’ensuit une attente anxieuse dont se régalent les amateurs de frissons. (Thriller pourrait se traduire par : qui fait frissonner)

 

Exemple :

  • (curiosité) Je dois impérativement partir par l’avion de 18 heures. J’ai gagné le deuxième prix dans un concours de circonstances. Un voyage aux Bahamas ! Vous ne saviez pas ?

  • (suspens) Au moment de partir pour l’aéroport, à 16 heures, ma voiture tombe en panne. J’appelle un taxi qui n’arrive pas. En désespoir de cause, je prends le bus qui se traîne lamentablement. L’heure tourne, on se mange tous les feux rouges, un voyageur qui fait du chambard force le conducteur à s’arrêter un instant. Enfin, j’arrive à l’aéroport. Il ne reste que quelques minutes avant l’embarquement. Un importun tente de me faire signer une pétition bidon contre les mines antipersonnelles. Je m’en débarrasse en lui donnant ce qu’il veut, un billet de 10 euros. Où est mon portefeuille ? C’est là que je m’aperçois que j’ai changé de veste et que mon passeport est resté à la maison. La panique me gagne. Et puis non, je me souviens qu’avant de partir, je l’ai mis avec mon billet dans mon petit sac. J’ouvre celui-ci, je retrouve mon passeport bien au chaud. Je vérifie une dernière fois mon billet et…

  • (surprise !) le réveil sonne. Je ne pars que demain.

 

 

 

 

 

 

 

 

publié dans : Trucs et techniques communauté : L'écriture dans tous ses états
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